lundi 18 juin 2012

Georges Perec : rencontre autour de la publication du Condottiere


À l’occasion de la publication du roman de Georges Perec  Le Condottière (Seuil, « La Librairie du XXIe siècle », 2012)
Le Musée d'Art de d'Histoire du Judaïsme organise une Rencontre coordonnée et animée par Jean-Pierre Salgas, critique, professeur à l’École d'Architecture, de la Ville et des Territoires de Marne-la-Vallée
Mercredi 27 juin 2012 à 19 h 30*

Un inédit de Georges Perec? Nous les chats, on tend l'oreille...
« N’éprouve-t-on pas un délicieux sentiment d’effraction à lire un texte resté pendant des décennies dans une armoire, une vieille malle ou même un tiroir ? C’est à ce geste que nous invitent les éditions du Seuil, qui publient le premier roman que Georges Perec avait envoyé à des comités de lecture (au Seuil, chez Gallimard), Le Condottière, écrit en 1957 et 1960. Pérec avait 20 ans. » Christine MontalbettiLe Monde des Livres

« Pérec écrit comme un jazzman, en variant les effets. Il prouve qu’il était déjà un prosateur ayant le souci du style et du point de vue, réussissant à injecter dans ses pages tendues de l’humour et des jeux de mots. »
Alexandre FillonLivres Hebdo

L'intrigue
C’est à la réalisation d’un faux Condottière, le célèbre tableau du Louvre, peint par Antonello da Messina en 1475,  que s’est voué depuis des mois Gaspard Winckler, le héros du Condottière.
Winckler est un peintre faussaire. À la première page du livre, il assassine Madera, son commanditaire. Ce roman de jeunesse inédit (1960), que Perec croyait perdu , se présente comme une enquête embrouillée  sur les mobiles de ce meurtre : l’une des raisons sera l’échec du faussaire à rivaliser avec le peintre de la Renaissance.

Cette rencontre sera l’occasion, trente ans après la mort de Georges Perec (1936-1982), d’aborder un certain nombre de problématiques déjà présentes dans  ce roman : la question du faux en peinture qui parcourt toute son œuvre jusqu'au Cabinet d'amateur, son dernier livre (1979), le personnage de Gaspard Winckler, qui apparaîtra ensuite dans W ou le souvenir d’enfance (1975) puis dans La vie mode d'emploi (1978), le lien,  chez l'auteur de La disparition (1968), entre autobiographie et fiction...

*Avec la participation de Claude Burgelin, professeur émérite de littérature française (université Lyon 2), préfacier duCondottière,  Maryline Heck, maître de conférences à l'Université de Tours, auteur de Georges Perec, Le corps à la Lettre (José Corti, 2012), coordinatrice du numéro des Cahiers de l'Herne Patrick Modiano (2012), Maxime Decout, professeur de littérature en Lettres supérieures, coordinateur de la revue Europe consacrée à Georges Perec (2012)


Musée d'art et d'histoire du Judaïsme
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple
75003 Paris
reservations@mahj.org
ou par téléphone au 01 53 01 86 48
du lundi au vendredi
de 14 h à 18 h
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vendredi 15 juin 2012

® 15 juin: journée Internationale de l'énergie éolienne ::: une pub Epuron

Article recyclé du 22 septembre 2007


Pub Epuron
envoyé par sudotone


Cette publicité pour la société allemande Epuron a remporté le Golden Lion au festival internationnal de la publicité de Cannes. C'était en juillet 2007, mais je ne m'en lasse pas.

dimanche 10 juin 2012

Journée Mondiale du Tricot


Nelly Agassi, Whispers , 2004
coat hanger, knitting,
Courtesy of the artist and Dvir Gallery

vendredi 8 juin 2012

Et pourtant, elle tourne 3 : révolutions planétaires

Et pourtant, elle tourne.

ASTROSTYLE été 2012
Je ne sais pas pour vous, mais ce mouvement perpétuel des planètes et leur (plus ou moins) lente révolution autour de notre terre exerce sur moi une fascination tout aussi perpétuelle. Par exemple: les 12 prochaines années seront placées sous la conduite d’Uranus qui est entré en bélier le 11 mars 2011. Un vendredi exactement. Irradiant. Cela vous rappelle peut-être quelque chose?
Uranus est associé avec une certaine violence, des chocs et des révoltes, mais aussi – et surtout – avec le progrès, l’indépendance et l’innovation. Quand il rencontre le signe du Bélier (régit par Mars – le dieu de la guerre) et qu’il s’y installe pour 12 ans, cela nous donne une configuration équivalente à celle de la période mars 1927-mars 1935. Bien sûr, peu de nos lecteurs étaient présents dans ces années-là mais nous avons tous ouvert des livres d’histoire, même si l’Histoire ne se répète pas, c’est entendu…

Pour éclairer cette période à la lanterne d’Uranus – le progrès – nous garderons donc en mémoire les mots » Indépendance et Innovation », car Mars c’est aussi et surtout la créativité, l’aventure, le courage, le dynamisme. La période 1927 – 1935 fut ainsi celle de l’invention du cinéma parlant, de la pénicilline, de l’aviation, du micro-onde et des bas nylon… Entre autres. De belles innovations nous attendent donc et ceci dans tous les domaines: textile, mode, design, eco construction, transport.

Côté Fashion, ça va donner quoi?
Uranus vient de quitter le signe du Poisson: des années de glitter, de paillettes, de rutilances et d’opulence s’achèvent, où les femmes ressemblaient – peu ou prou(e) – à des sirènes, de jour comme de nuit. A présent, le minimalisme reprend ses droits (personnellement, je n’en suis pas fâchée). Nous allons observer la montée en puissance des matières naturelles, plus sportives, plus masculines: de beaux mélanges lin-cachemire ou lin- alpaga pour l’hiver, ou mixé à de la soie pour lui donner de la tenue.
Et pour l’été 2012 ? Du lin, du lin, du lin. Dans un esprit 1930. Elégantes Garçonnes. Un petit mix de genre qui n’est pas pour nous déplaire.
Tout ce que j’aime! Pas vous ?

Photo The Sartorialist
"My great-grandmother Nina West (right) and her sister at a beach near a naval base where my grand-father was.

mercredi 30 mai 2012

Tête de Géant

Cette sculpture de Susan Hill  se trouve dans les "jardins perdus de Heligan".



Sur le site:
Heligan, siège de la famille Tremayne pendant plus de 400 ans, est l’un des domaines les plus mystérieux d’Angleterre. À la fin du 19ème dix-neuvième siècle, ses 400 hectares étaient à leur apogée. Mais, quelques années plus tard seulement, un manteau vert de ronces et de lierres recouvrait cette 'Belle au Bois Dormant'. Après des décennies de négligence, l’ouragan dévastateur de 1990 aurait dû faire oublier ce site à tout jamais.
Au lieu de cela, les événements ont concouru à nous amener ici et l’histoire de leur ce déclin s’est emparée de notre imagination. La découverte d’une salle minuscule, enterrée sous les débris de maçonnerie dans le coin d’un des jardins murés, recelait le secret de leur cette disparition. Gravé au crayon sur un des murs de calcaire, on pouvait encore lire un épigraphe à peine visi ble 'Ne venez pas ici pour dormir ou vous assoupir', ainsi que les noms de ceux qui avaient travaillé là et une date : août 1914. Nous avons été animé alors par un désir intense de faire renaître toute la gloire de ces jardins et de raconter, pour la première fois, les contes, non des lords et ladies, mais de ces gens ordinaires qui avaient rendu leur grandeur à ces jardins, avant de partir pour la Grande Guerre.
Aujourd’hui, nous avons formé une équipe dévouée, avec sa une vision propre pour cette seconde décennievision pour ce nouveau millénaire. L’aménagement des jardins que nous avons mis en oeuvre a été primé et jouit d’une reconnaissance internationale. Cependant, notre droit de propriété s’agrandit aujourd’hui de 80 hectares, ce qui nous laisse encore beaucoup de travail à accomplir. Notre objectif est que ’Heligan reste un exemple de vie et de fonctionnement des meilleures pratiques du passé, tout en offrant au public la possibilité de venir découvrir nos activités. Nous visons également à apporter une contribution précieuse aux débats actuels sur l’avenir de nostre régions rurales et de nostre campagnes.

http://www.heligan.com/

mardi 29 mai 2012

Accessibilité handicap : les festivals rock sur la bonne voie


« Toute personne handicapée a droit à la solidarité de l’ensemble de la collectivité nationale, qui lui garantit, en vertu de cette obligation nationale, l’accès aux droits fondamentaux reconnus à tous citoyens.» Quels sont les efforts faits aujourd’hui dans les festivals de musique ?


L’article premier de la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté et la participation des personnes handicapées s’adresse à plus de 5 millions de personnes en situation de handicap. Une ambition qui s’inscrit dans une volonté de renforcer notre cohésion nationale pour davantage de justice et donc davantage d’attention aux plus vulnérables, pour une échéance à 2015.
Si tous les diagnostics devaient être terminés en 2011, il faut bien reconnaître que les autorités trainent la patte. Côtés festivals de rock, des efforts sont faits sous l’influence de l’Association ARGOS, qui propose un audit des besoins et des solutions pratiques à mettre en place, ou encore Ryadh Sallem et son Défestival annuel, organisé au Champs de Mars, par et pour les handicapés. D’autres personnes travaillent dans ce sens, comme Jérémy Boroy, sourd lui-même, et son expertise pour les grands meetings de la Présidentielle. Denis Leroy (ARGOS) rappelle très justement que nous pouvons tous nous trouver en position de handicap : « Le gamin avec son casque anti-bruit, la personne de petite taille, l’illettré qui a besoin de pictos pour s’orienter, les accidentés de la vie ». Il existe pourtant des solutions simples à mettre en place pour assurer la sécurité et l’accessibilité à tous dans les grands festivals. Encore faut-il le faire savoir, certains festivals sont en effet accessibles mais ne communiquent pas. Pourtant rien de plus simple via les infos pratiques sur les sites Internet.

INTERVIEW de Denis Leroy
Directeur du Bureau d’études Argos Services (Accessibilité, repérage, guidage, orientation, sécurité) qui gère les handicapés de l’école à la maison de retraite
« Bon sens et professionnalisme pour re-simplifier ce qu’on a compliqué »

 Quelle est votre expertise ?
ARGOS Services est une association qui compte 700 membres dont 250 salariés pour 7 structures de gestion du handicap dans le quotidien. Nous regroupons tous les corps de métiers, ergothérapeutes, instructeurs en locomotions, architectes, économistes de la construction, pour répondre aux questions de l’accessibilité, émanant principalement des établissements recevant du public (écoles, collectivités, maisons de retraites).
Depuis combien de temps mettez-vous votre expertise à disposition des festivals de rock ?
Dès 2008, les Eurockéennes de Belfort sont devenues le premier grand festival à penser et mettre en œuvre un dispositif spécifique d’accueil et d’accompagnement des personnes handicapées. On a intégré l’équipe d’organisation pour que le handicap soit pris à tous les niveaux. C’est une politique transversale, volontariste.
L ‘Accessibilité c’est simple. Ce n’est pas la peine de placer un podium pour fauteuil roulant au milieu de l’herbe sans chemin d’accès. Vouloir bien faire ne suffit pas : mettre une rampe au distributeur d’argent mais pas de plate-forme par exemple. Ta Poubelle tu la laisses là, elle va servir de repères : il y a des obstacles utiles. C’est souvent des solutions simples, pratiques, nous on a ce regard simple.

Q. Vous proposez un Kit Accessibilité. Comment ça marche ?

En année 1, nous prêtons les solutions pour rendre un site le plus accessible possible. Dans le même temps, nous faisons, pour un budget d’environ 10 000 €, l’audit diagnostic (qualités, défauts, optimisation du lieu, site Internet). L’année suivante, pour le même coût, le festival peut s’offrir le matériel. Une fois le diagnostic fait, il intègre le cahier des charges et la formation des équipes. Aux Eurockéennes, nous avons mis en place un QR-Code qui, placé en différents endroits, permet de diffuser des information “pour tous”, accessible aux aveugles, malvoyants et valides ;

Elle propose également de nouveaux plans tactiles, des programmes en Braille et en gros caractère.
Un fabricant local français met gracieusement à disposition des fauteuils roulants tout terrain (2KS – Fauteuil TRACE). D’autres festivals ont répondu présents, comme les Vieilles Charrues. Le bouche à oreille a fonctionné.

Q. Quelques conseils à développer ?

L’Accessibilité c’est un VRAI métier. On a construit des instruments et des structures en commençant par la chaine de déplacement, par la signalétique qui doit être accessible à tous. « Je rentre en toute sécurité, je sors en toute sécurité, qui que je sois »
La démarche doit être volontariste, transversale et pensée en amont. Adressez- vous à un professionnel suivant la configuration du lieu, la météo pour des solutions vraiment adaptées.
Il faut sensibiliser toutes les équipes du festival, identifier les populations par les préinscriptions – une  démarche de l’usager et ses besoin sur Internet.  A l’organisateur de répondre à la demande de l’usager (au moment de la rédaction du site, lister les possibilités), donner le même pass à l’handicapé et à l’accompagnant pour qu’ils aient accès aux mêmes espaces.
Des idées simples : placer les distributeurs banque ou les signalétiques en braille à la bonne hauteur, prévoir une borne de recharge pour les fauteuils électriques, placer un podium sur une colline pour une vue plongeante en pensant au chemin d’accès proche si possible du parking dédié. Rien que du bon sens, nous on a ce regard et cette expertise.

Catherine Dauriac
Article paru dans La revue des Festivals
Mai 2012

vendredi 20 avril 2012

Rouge



ROUGE


Le sang qui a coulé de mes veines endolories par l’automutilation quand j’étais en colère,
Le sang qui a tant coulé de nos veines, mêlé au flash spécial de l’orgasme glacial,
Le sang de la mort blanche,

Le sang menstruel du sexe de Judith mêlé à celui de mon nez ivre de fatigue,
De clown déglingué,
Le flot de sang qui a coulé du sexe de Louis qui ne pouvait pas faire l’amour et qui rongeait son frein et que ma main a délivré,

Le sang transmué en orgasme impérial,
Le sang transmué en orgasme impérial,

Le fleuve de sang coulant des narines de mon père,
Immédiatement transformé en fraises, pour ne pas pleurer
Des larmes de sang et de douleur
Issues de la perte du père,

Le sang qui a coulé sur une table de dissection lors de l’autopsie exigée par la loi à la mort du frère qui devait fêter ses 30 ans,
Et la goutte de sang, noire, fascinante et séchée, sur ce même cou de jeune homme couché dans un cercueil le jour de ses 30 ans,
Désormais à jamais apaisé,
Un foulard rouge autour du cou tranché,

Le sang jaillissant des veines tranchées de mon index droit,
Au moment précis où, dans un éclat de rire, à l’assemblée médusée, je hurlais :
« Ma parole est plus tranchante que le verre de cette coupe que j’ai levée en votre honneur et que vous ne méritez pas »,

Le sang qui a giclé sur les murs de cette table de travail au petit matin de la naissance,
Le sang de la vie, rouge sur blanc,
Le sang de mon enfant au mien mêlé,

Le sang injecté dans les yeux de l’aimée, ivre de haine,
Le sang qui monte aux joues lors du premier plaisir donné par la bouche d’un autre, légèrement en dessous de la ceinture, sentiment diffus de honte et joie mêlées au pacte du désir,
Seulement la première fois,
Le sang injecté dans les yeux de l’aimée, ivre de fatigue,

Le sang versé par mes arcades dans la baignoire de la fille du député,
Le sang versé par mes arcades aux urgences de l’hôpital,
A la sortie d’un spectacle de travestis,
Le sang versé par mon cerveau aux urgences de l’hôpital,

Qui inondait les infirmières virginales que je voulais baiser,
Nues sous leurs blouses blanches, machines à fantasmes,

Le sang des larmes versée sur la mort des êtres chers,
Les larmes de sang finalement impossibles à verser parce que la mort n’a pas chômé,

Le sang de ce pouce maternel tranché en deux par une boîte de sardines perverses,
Le sang du corps maternel traîné sur la route par un camion pervers,

Le sang des peuples qui n’ont rien demandé,
Le sang des petites filles excisées au nom de quoi ?
Et laissées pour mortes aux bons soins de la nature,

Le sang qui manque à ceux qui sont en manque de sang,
Le sang de la fierté et de la honte, exhibé aux fenêtres,
Le matin qui suit le premier viol conjugal,

La coupe de sang que j’ai refusé de boire
Venant d’une femme regard de braise et bouche ouverte,
Le sang que j’ai léché pour savoir le goût que cela avait,
Le sang que j’ai léché à la main de l’inconnu, un soir rue des Martyrs,
Pour savoir le goût que cela avait,

Le sang panique des coupures accidentelles d’un enfant de sept ans,
Le sang panique des petites filles à qui l’on a rien dit,
Et qui regardent leur petit sexe neuf avec honte et effroi,

Le sang immémorial des femmes qui remplirait la Mer rouge,
Le sang des femmes, de la douleur des femmes,
Le sang immémorial des hommes qui remplirait la Mer noire,
Le sang des hommes, de l’impuissance des hommes,

Le sang des mains crevassées par le travail,
D’une terre promise, assoiffée, irriguée,
Du sang des Palestiniens et des Israéliens,
Ne parlant plus que langage du sang,

Le sang des morts des deux tours giclant sur l’asphalte de New-York,
Après une chute souhaitée de deux cent mètres,
Et qui durait une éternité…

Le sang des enfants mutilés au nom de la survie de leur famille,
Le sang des enfants aux organes arrachés au nom de la loi du plus riche,
Le sang que vendent les pauvres pour acheter un plat de lentilles,
Le sang qu’achètent les riches qui aiment boire le sang des autres,

Le sang des vampires du troisième millénaires,
A qui j’interdirai de boire le mien car il est bleu et impropre à la consommation,

La couleur qui rend fou, qui excite les taureaux et les hommes,
La couleur des chaussures effrontées, deux petits sexes d’homme sur le trottoir mouillé,
La couleur des rayures en forme de soleil, un dimanche de pluie,

L’odeur du liquide que j’ai tant aimé boire, que je regarde de loin lentement s’éloigner, comme on dit Adieu à un ami, légèrement triste,
Souriant s’avoir joué un bon tour à celui qui se croyait plus fort.

Et le sang Rouge aujourd’hui de la colère populaire
Le sang qui enfle et monte
Comme un cri de guerre
Le sang des forçats de la terre.


Paul Rapinat-Seligmann/Catherine Dauriac
17 mai 2003/25 mai 2003

lundi 16 avril 2012

Mélenchons nos âmes...

Photo Catherine Dauriac/Bataclan 2012
Rédacteur invité: Alinea d'Agoravox.



« Mélenchon nos âmes » dit une pancarte ( auvergnate) au Capitole, à Toulouse, le 5 avril 2012
Hier soir sur France 2, Jean-Luc Mélenchon nous a encore régalés. Soudain chez les jeunes bien élevés du public aussi bien que chez les journalistes, une détente, des sourires, des rires qui faisaient du bien.
Pourquoi ?
Jean-Luc M élenchon n'est ni se veut un monument, nous ne sommes pas mal à l'aise, inquiets pour lui comme nous le sommes pour certains dont on redoute le moment où ils vont se vautrer sur leurs mensonges, se prendre les pieds dans le tapis de leur incompétence. Il ne veut pas nous protéger, nous récompenser, nous punir : c'est un copain, un ami. Merveilleux ami qui donne une énergie incalculable aux cerveaux, aux mains, aux bras, aux jambes qui s'activent, dans l'anonymat le plus souvent, pour une cause commune qu'il a su focaliser.
C'est le moment qui veut ça, l'heure est grave et nous n'avons devant nous ni trois vies ni trois planètes pour prendre le temps de tergiverser.
Il est dans l'urgence, nous sommes dans l'urgence, il y a urgence.
Ce qui lui permet d'être ce qu'il est dans ces circonstances, et de ne jamais décevoir, est le fait qu'il est parfaitement sincère et que, personnellement, il place la réalisation de soi bien au delà de quelques réussites ponctuelles, et, même en politique, somme toute éphémères et superficielles.
Peu de politiques ont fait dans l'histoire récente quelque chose de bien ou de bien qui n'a pas été dévoyé. Cela fait si longtemps qu'ils rafistolent, ne sachant plus où donner de la tête, dans l'instant, à tel point que tout notre monde occidental est dans cet affolement, sans jamais de repos ni de belles envolées.
On étouffe, il donne de l'air.
Aussi, personne ne pourra le prendre en défaut ; il offre à ses interrogateurs et à ses auditeurs une transparence sur le chemin qui l'a conduit jusqu'ici.
Ce chemin fait de curiosités, de remises en question, d'ouvertures et d'écoutes qui semblent bien être, au fond, son idéal.
Du reste Jean-Luc Mélenchon n'a pas de détracteurs ; certes les libéraux disent que son programme économique est irréaliste, c'est normal, ils s'affolent un peu plus mais semblent oublier qu'avoir déboulonné l'aristocratie régnante semblait irréaliste aussi à certains esprits formatés, confinés, dociles. Et pourtant, nos ancêtres l'ont fait !
On ne peut contredire le bon sens, on ne peut que l'insulter, le nier, dans la plus totale impuissance.
La révolution que nous avons à faire aujourd'hui est de la même importance. Pendant des siècles, l'Église a tenu le peuple dans l'ignorance et la peur.
Que fait le libéralisme d'autre aujourd'hui ?
Seulement, le peuple, c'est l'espèce humaine avec, comme toutes les espèces qui peuplent depuis toujours cette planète, une immense force de vie, un instinct de conservation.
Ce que ne comprennent pas les libéraux c'est que cette force de vie est aussi puissante que n'importe quelle force naturelle : indomptable.
Pour en revenir à Jean-Luc Mélenchon, ceux qui le craignent ou le haïssent ( ou les deux) sont « les petits hommes » si bien décrits par W. Reich car cette force de vie qu'il représente menace le petit homme immature dans son ivresse de pouvoir, tout puissant derrière ses mensonges, dans sa folie du jeu, mort en lui-même...
Et aussi ceux qui sont au service de ces gens-là, les courtisans et les servants, ignorant même leur servitude.
Ils jouent et leur casino n'a pas d'équivalent et la tricherie, inhérente au jeu, leur semble si admise qu'ils la croient naturelle. Ils trichent avec eux-même parce qu'ils renient ou qu'ils ont honte de leur appartenance au peuple ; le peuple, pour ces tricheurs, n'est qu'un ramassis d'obèses, de déglingués, d'abrutis, de crédules, d'ivrognes, ils veulent croire à un déterminisme qui les aurait placés plus haut ! Ils ne peuvent pas voir que ces malheurs ne sont que le fruit de leur égoïsme, leur bêtise et leur irresponsabilité, qu'aucune place ne leur a été faite pour se construire, s'épanouir, et vivre, tout bêtement.
Ils se contentent de pouvoir sur les faibles ; cela s'appelle la lâcheté.
Ils cèdent à quelques concessions, oh combien loin du réel, pour se maintenir, et prônent « l'égalité des chances » !
Quelle blague !
Leur éducation ne parvient que fort mal à appâter certains pour qu'ils trahissent...
Ils n'ont donc, contre celui qui ( bien modestement, à un moment donné, dans un modeste pays) représente cette force de vie, que des injures, des insultes, des calomnies à proférer ; l'arme des impuissants.

Pourquoi Jean-Luc Mélenchon suscite-il l'engouement des foules ?

Parce qu'il cloue le bec à ceux qui s'agitent devant ce surgissement d'énergie- ce que beaucoup d'entre nous ne peuvent pas faire-, parce qu'ils désarme les attaques contre une mauvaise cible. Et parce qu'il a foncièrement horreur de l'ignorance arrogante des imbéciles prétentieux, cela lui est aisé.
En effet, si Jean-Luc Mélenchon avait eu, depuis tout petit, comme ce fut le cas pour notre cher Miterrand ! le désir obsessionnel du pouvoir, qu'aurait-il attendu tant de temps avant de se déclarer ?
Que n'aurait-il joué des coudes, dans son parti d'origine, pour se hisser au sommet ? Que serait-il aller se mettre dans une contestation (de bon sens plus que de contre-pouvoir) attendant patiemment qu'on le hisse à la première place !
Il agace.
La réussite d'un tel homme ne se contenterait pas d'un éphémère séjour au pouvoir et à la richesse : elle ne peut se réaliser que dans le passage du flambeau à la postérité.
Ses ambitions sont bien plus souveraines : c'est l'apanage du héros qui ne manque pas d'orgueil ni de personnalité mais qui place son destin bien plus haut que sa personne.
Et cela, pour le bien de tous.
Et cela agace, et cela inquiète...
Mais pas tout le monde !
Ceux qui le suivent et ceux qui le soutiennent savent qu'il a une parole à porter, un combat à mener et qu'il a la force et le talent nécessaires pour cette lourde tâche.
Ne crachons pas dans la soupe : nous sommes bien contents qu'il soit cet homme-là, là, mais soyons sûrs d'une chose : il ne nous entraînera pas là où lui veut aller, pour lui-même, nous le portons pour qu'il nous mène là où, ensemble, nous voulons aller.
Et cela fait toute la différence.
Je ne pense pas que Jean-Luc Mélenchon, accédant à la Présidence, y resterait jusqu'à ce que mort s'ensuive, rendu indispensable à maintenir ce nouvel ordre du monde. Il trouverait les relais ( et nous devons penser à être et à créer ces relais) pour pouvoir, une fois sa tâche accomplie, retourner à la vie ordinaire, but finalement de tout ce cirque que l'on nous contraint à faire, depuis des siècles, pour y parvenir. But qui doit nous rendre vigilants à chaque instant : nous nous sommes endormis pendant trente ans, croyant que « c'était arrivé » et, pendant que nous dormions, tout a été détricoté !
Je m'illusionne peut-être mais c'est cette certitude qui m'attache à lui de manière indéfectible.










mercredi 11 avril 2012

Résister, c'est créer / Créer c'est résister

A l'annonce de la disparition de Raymond Aubrac, j'avais envie de repasser l'Appel du Conseil National de la Résistance : Résister c'est créer ! Créer c'est résister! Signé par Lise London, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Philippe Dechartre, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Georges Séguy, Maurice Voutey.





vendredi 16 mars 2012

Pourquoi je vote Front de Gauche par Bernard Gonel

Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly en Avignon - juillet 2011




J'en ai les larmes aux yeux


Bernard Gonel:
BIENTÔT LES ÉLECTIONS : UNE PARODIE DE DÉMOCRATIE !

En politique, c'est bien connu, les promesses n'engagent que ceux qui sont assez stupides pour y croire. Probablement reste-t-il quelques politiciens intègres, mais ceux qui se sont succédé au pouvoir ont à ce point déshonoré la politique et la notion même de démocratie que nous ne savons plus auxquels nous pourrions encore faire confiance.

Depuis qu'UMP et PS, spécialistes de la langue de bois, dirigent à tour de rôle le pays, ils ne nous ont apporté que toujours plus de précarité, de chômage et de pauvreté. Alors, puisque nous en sommes conscients, pourquoi ne parvenons-nous pas à accepter l'éventualité qu'une autre alternative nous permettrait peut-être de sortir de ce cercle vicieux ? Conscient que nos élections ne sont pourtant qu'une parodie de démocratie, je me suis néanmoins interrogé sur le bulletin que glisserai dans l'urne.

Jusqu'à il y a peu, j'étais résolu à voter blanc. Mais après réflexion, il m'a semblé évident que ce serait se résigner à ce qu'une fois encore ce soit l'UMP ou le PS qui arrive au pouvoir. Ce serait un peu comme se résigner à être atteint, soit de la peste, soit du choléra, selon ce que d'autres choisiront à notre place. S'abstenir serait comme savoir qu'on risque d'être malade, mais refuser d'aller chez le médecin et voter blanc serait comme aller chez le médecin sans vouloir se faire vacciner. Quand un vaccin existe, même si on n'est pas certain d'une totale efficacité, il me semble prudent de choisir cette option…

Un seul candidat nous propose un autre modèle de société. Même si sa vision ne correspond pas complètement à nos propres propositions du réseau ACS, elle va dans le même sens et elle est celle qui s'en rapproche le plus. Je ne connais pas assez Monsieur Mélenchon pour savoir si lui plus qu'un autre tiendra ses engagements. Mais dans le doute, je vais prendre le risque et c'est donc pour lui que je voterai.

Mon message s'adresse principalement à ceux qui, comme moi, ont perdu confiance et espoir et qui n'attendent plus rien des politiciens, mais qui ne supportent plus pour autant de voir se succéder UMP et PS, l'un comme l'autre au service d'une société du tout fric dont nous ne voulons plus. Je ne vous demande pas d'accepter bêtement ce que j'ai voulu exprimer dans cet article, mais seulement de prendre le temps d'y réfléchir.

Une dernière chose, ne vous laissez par berner par les sondages. Sans vouloir l'affirmer, j'ai le sentiment qu'ils sont manipulés. Pourquoi ? Parce que les politiques savent parfaitement qu'en votant pour l'un des deux candidats dont on nous fait croire qu'ils seraient seuls à avoir des chances d'être au 2èm tour, nous avons l'illusion de voter "utile".

Car c'est bien de cela qu'il s'agit avec le vote soi-disant "utile", rien de plus qu'une simple illusion à laquelle nous avons été conditionnés depuis toujours !
BIENTÔT LES ÉLECTIONS : UNE PARODIE DE DÉMOCRATIE !

En politique, c'est bien connu, les promesses n'engagent que ceux qui sont assez stupides pour y croire. Probablement reste-t-il quelques politiciens intègres, mais ceux qui se sont succédé au pouvoir ont à ce point déshonoré la politique et la notion même de démocratie que nous ne savons plus auxquels nous pourrions encore faire confiance.

Depuis qu'UMP et PS, spécialistes de la langue de bois, dirigent à tour de rôle le pays, ils ne nous ont apporté que toujours plus de précarité, de chômage et de pauvreté. Alors, puisque nous en sommes conscients, pourquoi ne parvenons-nous pas à accepter l'éventualité qu'une autre alternative nous permettrait peut-être de sortir de ce cercle vicieux ? Conscient que nos élections ne sont pourtant qu'une parodie de démocratie, je me suis néanmoins interrogé sur le bulletin que glisserai dans l'urne.

Jusqu'à il y a peu, j'étais résolu à voter blanc. Mais après réflexion, il m'a semblé évident que ce serait se résigner à ce qu'une fois encore ce soit l'UMP ou le PS qui arrive au pouvoir. Ce serait un peu comme se résigner à être atteint, soit de la peste, soit du choléra, selon ce que d'autres choisiront à notre place. S'abstenir serait comme savoir qu'on risque d'être malade, mais refuser d'aller chez le médecin et voter blanc serait comme aller chez le médecin sans vouloir se faire vacciner. Quand un vaccin existe, même si on n'est pas certain d'une totale efficacité, il me semble prudent de choisir cette option…

Un seul candidat nous propose un autre modèle de société. Même si sa vision ne correspond pas complètement à nos propres propositions du réseau ACS, elle va dans le même sens et elle est celle qui s'en rapproche le plus. Je ne connais pas assez Monsieur Mélenchon pour savoir si lui plus qu'un autre tiendra ses engagements. Mais dans le doute, je vais prendre le risque et c'est donc pour lui que je voterai.

Mon message s'adresse principalement à ceux qui, comme moi, ont perdu confiance et espoir et qui n'attendent plus rien des politiciens, mais qui ne supportent plus pour autant de voir se succéder UMP et PS, l'un comme l'autre au service d'une société du tout fric dont nous ne voulons plus. Je ne vous demande pas d'accepter bêtement ce que j'ai voulu exprimer dans cet article, mais seulement de prendre le temps d'y réfléchir.

Une dernière chose, ne vous laissez par berner par les sondages. Sans vouloir l'affirmer, j'ai le sentiment qu'ils sont manipulés. Pourquoi ? Parce que les politiques savent parfaitement qu'en votant pour l'un des deux candidats dont on nous fait croire qu'ils seraient seuls à avoir des chances d'être au 2èm tour, nous avons l'illusion de voter "utile".

Car c'est bien de cela qu'il s'agit avec le vote soi-disant "utile", rien de plus qu'une simple illusion à laquelle nous avons été conditionnés depuis toujours !

lundi 12 décembre 2011

DIY: Une bouteille d'eau pour ampoule solaire

Fichée dans le toit, une bouteille en plastique remplie d'eau se transforme en ampoule et inonde de lumière naturelle les cahutes des bidonvilles de Manille, Delhi ou Rio.

jeudi 13 octobre 2011

Météorites de Draveil : le Muséum national d’Histoire naturelle et l’Université Pierre et Marie Curie lancent un appel à témoins

Plusieurs météorites tombées le 13 juillet dernier ayant été retrouvées dans la ville de Draveil (Essonne), les scientifiques du Muséum national d'Histoire naturelle et de l'Université Pierre et Marie Curie lancent un appel à témoins. Ces pierres scientifiquement précieuses vont s’altérer si elles sont soumises aux intempéries. Il est donc crucial de les retrouver au plus vite. Ce sont des « fossiles » vieux de plus de 4,5 milliards d’années et la principale source d'information des scientifiques sur les conditions de formation du soleil et des planètes.

Comment reconnaître une météorite tombée récemment ?
On la reconnait avant tout à la fine pellicule noire qui la recouvre alors que la roche est claire à l'intérieur. Les météorites ont souvent des faces planes avec des angles pouvant être aigus, mais légèrement adoucis au niveau des arêtes. 


Quelques précautions à prendre afin de ne pas perturber les informations qu’elles recèlent : - ne pas utiliser d'aimant, celui-ci va perturber le signal magnétique de l'objet, utiliser plutôt une boussole dont l'aiguille sera déviée par les objets suffisamment gros ;
- éviter autant que possible de toucher directement avec les doigts qui portent d'infimes quantités de sels et de graisses, utiliser des gants ou un simple sac en plastique propre.
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Les habitants de Draveil et des communes avoisinantes sont invités à rechercher ces pierres tombées du ciel (certaines ont brisé les tuiles de toits, mais elles peuvent également être tombées dans des gouttières, être dissimulées dans des herbes, sous des feuilles, etc).
Si vous trouvez l’une de ces pierres ou si vous avez été témoin de sa chute, merci de contacter le Muséum par mail à l'adresse valhuber@mnhn.fr ou par téléphone au 01 40 79 56 01.